L’erreur n°1 dans le choix d’une agence web
Choisir sur le prix le plus bas ou la plus belle présentation commerciale. Ces deux critères ne corrèlent presque pas avec la réussite d’un projet digital. Un projet web dépend d’autres facteurs : méthodologie, expérience réelle, capacité d’arbitrage, plan post-livraison.
Les 8 questions ci-dessous vous permettent d’éliminer 70 % des candidats inadaptés en 2 réunions. Elles sont volontairement directes.
Question 1 : « Quels sont vos 3 derniers projets en production ? »
Réponse attendue : 3 URLs concrètes, idéalement avec un client à appeler. Aucune slide, aucune maquette « projet en cours ».
Signaux d’alerte :
- Ne montrer que des « projets en cours » → le studio n’a peut-être rien livré récemment.
- Refuser de donner des contacts clients → manque de relation post-livraison.
- Portfolio essentiellement composé de logos sans projets visitables.
Visitez les 3 sites depuis votre mobile. Lisez 30 secondes. Vérifiez la cohérence avec le pitch que l’agence vous fait.
Question 2 : « Comment cadrez-vous un projet avant de chiffrer ? »
Réponse attendue : phase de cadrage payante (5-15 jours, 5-15 k€ HT pour un projet sur-mesure), avec ateliers utilisateurs, parcours, périmètre fonctionnel précis, livrable écrit.
Signaux d’alerte :
- « On chiffre directement sur la base de votre brief. » → cadrage zéro = projet flou = dérives garanties.
- « Le cadrage est gratuit. » → soit baclé en 1 jour, soit refacturé en cours de projet.
- « On commence vite et on adapte au fil de l’eau. » → recette pour explosion budgétaire.
Sans cadrage sérieux payant, le devis est de toute façon trompeur.
Question 3 : « Comment travaillez-vous au quotidien : sprints, démos, accès au code ? »
Réponse attendue :
- Sprints courts (1 ou 2 semaines).
- Démos régulières où vous voyez le produit progresser.
- Accès Git (GitHub, GitLab) à la racine du projet, dès le départ.
- Outil de gestion partagé (Linear, Notion, Jira) où vous voyez les tâches.
Signaux d’alerte :
- « On vous montre le résultat à la fin. » → effet tunnel garanti, mauvaises surprises.
- « Pas besoin d’accès au code, on s’en occupe. » → vous ne possédez rien.
- Pas d’outil partagé → vous découvrez les retards trop tard.
Vous devez être en mesure de cliquer dans le produit en construction chaque semaine.
Question 4 : « Que se passe-t-il après la mise en production ? »
Réponse attendue : contrat de maintenance clair, formule de support définie, équipe identifiée pour les évolutions, SLA si pertinent.
Signaux d’alerte :
- « On verra ça à la mise en ligne. » → improvisation = facturation à la demande à 800-1 200 €/jour.
- Engagement long obligatoire (> 24 mois) → verrouillage commercial.
- Support uniquement par email avec délais flous.
Le coût total d’un projet web inclut 2-3 ans d’exploitation. Le négliger c’est multiplier le coût final par 1,5 ou 2.
Question 5 : « Qui possède le code, le serveur, les comptes tiers à la fin ? »
Réponse attendue : vous, totalement. Le code dans votre Git, le nom de domaine à votre nom, les comptes tiers (hébergement, Stripe, Auth0, etc.) sur votre adresse email.
Signaux d’alerte :
- « Le code est sur notre infrastructure, vous y avez accès. » → vous êtes verrouillé.
- « Le nom de domaine est géré chez nous pour simplifier. » → vous n’êtes pas propriétaire.
- Comptes tiers sur l’email du prestataire → si vous changez, vous repartez de zéro.
Demandez-le par écrit dans le contrat. C’est la garantie que vous êtes propriétaire de votre actif.
Question 6 : « Sur quelle stack technique travaillez-vous ? Pourquoi ? »
Réponse attendue : stack moderne, mainstream, justifiée par votre besoin. Exemples cohérents en 2026 : Next.js + TypeScript + PostgreSQL ; Astro pour les sites vitrines ; React Native pour mobile. Justification claire.
Signaux d’alerte :
- Stack exotique (langage rare, framework propriétaire) → recrutement futur impossible, vous êtes captif.
- Pas de justification (« on aime cette techno ») → vous payez pour leur préférence sans bénéfice concret.
- Stack obsolète (jQuery + PHP procédural en 2026) → vous achetez une dette technique à la livraison.
Question 7 : « Comment gérez-vous un changement de besoin en cours de route ? »
Réponse attendue : sprints flexibles, possibilité de remplacer une tâche par une autre, processus de re-cadrage défini si gros changement.
Signaux d’alerte :
- « Tout changement = avenant facturé. » → modèle rigide qui pénalise l’apprentissage.
- « On accepte tous les changements gratuitement. » → mensonge ou explosion budgétaire à venir.
- Pas de processus défini → improvisation au cas par cas.
Sur un projet de 6 mois, 20 à 30 % du périmètre initial change. Une agence saine intègre ça dès le départ.
Question 8 : « Combien de personnes vont travailler sur mon projet ? Sont-elles dédiées ? »
Réponse attendue : 2 à 4 personnes minimum (chef de projet, designer, dev front, dev back), avec partage de temps clair (50 % à 100 % selon la phase).
Signaux d’alerte :
- « Une seule personne s’en occupe. » → bus factor élevé : si elle part, votre projet meurt.
- « 12 personnes vont travailler dessus. » → sur un projet de 80 k€, c’est de la dilution, vous payez du temps perdu.
- Refus de nommer les personnes → équipe constituée à la dernière minute.
Synthèse : grille d’évaluation
Pour chaque agence consultée, attribuez une note de 0 à 3 par question. Une agence sérieuse score 16/24 minimum. En dessous, passez votre chemin.
Bonus : ajoutez 2 points si l’agence vous dit non à une demande qui n’a pas de sens (« non, vous n’avez pas besoin de blockchain pour ça »). Une agence qui dit oui à tout est dangereuse.
Notre engagement
Si vous nous consultez, on répond à ces 8 questions par écrit dans la première proposition. Et on s’engage à cocher 24/24. C’est le minimum.
Pour cadrer un projet et obtenir des réponses précises sur votre cas, on prend une heure.