Le problème des textes d’artisans
La majorité des sites d’artisans utilisent les 3 mêmes formules creuses :
- « Notre entreprise, fondée en [année], met son savoir-faire au service de votre projet. »
- « Nos artisans qualifiés et expérimentés sauront répondre à vos attentes. »
- « N’hésitez pas à nous contacter pour obtenir un devis personnalisé. »
Ces phrases sont génériques, interchangeables avec n’importe quel concurrent, et ne convertissent personne. Elles ne disent rien de vous, ne répondent à aucune question du visiteur, ne donnent aucune raison de vous choisir.
Voici la méthode pour écrire vous-même des textes qui convertissent, en 4 étapes, sans rédacteur professionnel.
Étape 1 : Lister les 5 questions de votre prospect
Avant d’écrire, listez les 5 questions qu’un prospect se pose vraiment avant de vous appeler. Pas ce que vous voulez dire — ce qu’il veut savoir.
Pour un plombier, c’est typiquement :
- Est-ce que je suis dans votre zone d’intervention ?
- Combien ça va me coûter (au moins une fourchette) ?
- Vous intervenez en combien de temps ?
- Est-ce que vous êtes assuré (décennale, RC pro) ?
- Qu’est-ce qui prouve que vous faites du bon travail (avis, certifications) ?
Pour un peintre, c’est plutôt :
- Vos finitions sont-elles soignées (preuves visuelles) ?
- Combien ça coûte au m² ou par pièce ?
- Vous intervenez aussi en zone occupée (logement habité) ?
- Vous avez l’assurance pour les dégâts éventuels ?
- Combien de temps pour un appartement de X m² ?
Vos textes doivent répondre à ces questions, dans l’ordre où elles se posent.
Étape 2 : La règle « tu — pas je »
L’erreur n°1 : commencer par soi.
❌ « Notre entreprise est spécialisée dans la rénovation de salles de bain depuis 15 ans. »
✅ « Une rénovation de salle de bain bien faite, c’est 3 semaines de chantier sans dégât pour le reste du logement, un planning tenu et un résultat qui dure 20 ans. C’est ce qu’on construit. »
La deuxième formulation parle au prospect (ce qu’il veut), pas à votre ego. Plus elle est centrée sur le bénéfice client, plus elle convertit.
Test rapide : comptez les « nous », « notre », « je ». S’il y en a plus que de « vous », « votre », « tu », réécrivez.
Étape 3 : Le test du « so what ? »
Pour chaque phrase de votre site, posez-vous la question : « So what ? » (Et alors ?).
❌ « Nous utilisons des matériaux de qualité. » So what ? Tout le monde dit ça. Aucune information.
✅ « On pose uniquement de la robinetterie Grohe ou Hansgrohe — pas de marques d’entrée de gamme. Sur 10 ans, ça fait l’écart entre une fuite à 18 mois et une installation qui tient sans toucher. »
La deuxième formulation est concrète, vérifiable, différenciante. Elle apporte une vraie information.
Faites ce test sur chaque phrase. Si vous ne pouvez pas répondre à « so what » en 5 secondes, supprimez ou réécrivez.
Étape 4 : Le format qui marche
Pour chaque page principale de votre site, structurez :
Bloc 1 : Promesse claire (10-20 mots)
Une phrase qui dit en quoi vous êtes différent et pour qui vous travaillez.
Exemple plombier :
« Plombier à Lyon depuis 12 ans. Dépannage urgent et rénovation salle de bain, sans surprise sur les délais ni sur le prix. »
Bloc 2 : Réponses aux 5 questions (3-4 paragraphes courts)
Réponses directes à chacune des questions listées étape 1.
Bloc 3 : Preuves (avis, certifications, photos)
3 ou 4 avis Google récents, vos certifications visibles, 2-3 photos de chantiers.
Bloc 4 : Appel à l’action (clair et unique)
Un seul bouton qui pousse à l’action attendue : appeler, demander un devis, prendre rendez-vous.
Exemple :
« Téléphone : 04 XX XX XX XX » + « Ou demande de devis en 2 minutes » (lien formulaire).
Les pièges classiques à éviter
Piège 1 : Le « pavé biographie »
Personne ne lit votre histoire d’entreprise sur la home. Si vous y tenez, mettez-la en page « À propos » dédiée. La home doit répondre à : « est-ce que je suis au bon endroit ? ».
Piège 2 : Les superlatifs vides
« Le meilleur », « Numéro 1 », « Leader », « Excellence ». Aucune preuve, aucune crédibilité, contre-productif. Préférez les chiffres et les faits : « 12 ans d’activité, 380 chantiers livrés, 4,8/5 sur 67 avis Google ».
Piège 3 : Le jargon technique inutile
❌ « Nous réalisons des chapes de mortier hydrofuge avec ravoirage en granulat allégé. »
✅ « On prépare le sol pour qu’il soit parfaitement plan et durable, même dans les pièces humides comme la salle de bain. »
Pour les particuliers, traduisez le jargon. Pour les pros (architectes, syndics), gardez le jargon — c’est attendu.
Piège 4 : Les pages « Services » fourre-tout
Une page « Services » qui liste 30 prestations en bullets ne ranke nulle part et ne convertit personne. Mieux : 5 pages dédiées avec contenu spécifique pour les 5 prestations principales.
Combien de mots par page ?
- Page d’accueil : 250-400 mots. Concise, dirige vers les autres pages.
- Page service détaillée : 400-800 mots. Réponses précises, exemples, FAQ.
- Page par ville : 400-600 mots. Spécificités locales, mentions de quartiers.
- Page « À propos » : 300-500 mots. Histoire courte, valeurs concrètes, équipe.
- Article de blog : 800-1500 mots. Analyse approfondie d’un sujet précis.
Les sites trop courts (< 200 mots/page) ne rankent pas. Les sites trop longs (> 1500 mots/page sans découpage) perdent le lecteur.
L’IA peut-elle écrire pour vous ?
ChatGPT, Claude et autres LLM peuvent vous aider à écrire plus vite, mais ne remplacent pas votre expertise métier.
Méthode efficace :
- Vous listez les questions et donnez les réponses techniques en bullets.
- L’IA met en forme et fluidifie le texte.
- Vous vérifiez la justesse technique et personnalisez avec votre voix.
Un site rédigé à 100 % par IA sans relecture experte produit un texte fade et inexact. Un site écrit en collaboration humain + IA peut être très bon.
Le test final : la lecture à voix haute
Avant de publier une page, lisez-la à voix haute. Trois symptômes qui doivent alerter :
- Vous trébuchez sur certaines phrases → trop longues ou mal construites.
- Vous vous ennuyez → le texte n’est pas assez direct.
- Vous ne sauriez pas le défendre en face d’un client → c’est du remplissage.
Réécrivez tant que la lecture coule.
Votre prochaine action
Ce week-end, prenez votre site actuel. Comptez les « nous/notre/je » vs « vous/votre/tu ». Si le ratio est défavorable, vous avez votre premier chantier d’écriture.
Pour un cadrage qui inclut une stratégie éditoriale claire et des textes qui convertissent, on prend 30 minutes.